Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Calliope - Muse de l"épopée : Cinéma

Samedi 29 décembre 2007
Certes, j'avais promis de rédiger des critiques  sur tous les films que j'ai pu voir depuis le très  mauvais "300" (ou CCC ?) il y a de celà plus de six mois. Mais hélas, la précision de mes souvenirs commence à s'atténuer  et je me sens bien incapable de vous livrer pour chacun un paragraphe rédigé en bonne et due forme. Aussi vais-je essayer de tout synthétiser dans l'unique article que voici.

En guise de petit sommaire, je vous informe que je traiterai respectivement de : La Croisée des Mondes : la Boussole d'Or, La Chambre des Morts, L'Ennemi Intime et Ratatouille.



Ha ! La Croisée des Mondes... Justement la trilogie que j'ai offerte à ma nièce pour noël, qui des dires de Delphine qui l'a lu il y a de celà quelques années est passionnante, prenante, et agréable à lire. Et bien le moins qu'on puisse dire est que ces qualificatifs ne s'appliquent pas exactement au film qui, scénaristiquement, semble être le résultat d'un passage sous presse hydraulique d'un scénario classique : pour maintenir en éveil le public ciblé, le rythme est trop intense, halletant, ne laisse aucune place à nulle sorte de catharsis. On voit défiler une aventure à toute vitesse, ce qui lui fait perdre toute poésie.  Aventure qui, d'après les dires de Charlotte n'est pas vraiment fidèle au livre qui plus est.  Moralité : aucun véritable élan (ni renne, d'ailleurs), aucun moment ayant le moindre véritable suspense... Qui plus est, l'enchainement de l'action parait souvent peu crédible, voir incohérente ou sans fondement (d'où sort la cavalerie-sorcière salvatrice de la fin du film ? les angoisses des personnages lorsqu'ils les voient marcher vers le centre rappellent de par trop les soldats de Rûn du Seigneur des Anneaux sans la cohérence de celui-ci).

Bien sûr, je ne vais pas cracher sur les acteurs, tout à fait convaincants, à commencer par la jeune Dakota Blue qui tient le premier rôle, celui de l'adolescente Lyra, et qui est, il me faut l'admettre, bonne actrice. On saluera au passage la présence du grand Christopher Lee apparaissant en guest-star. Je ne cracherai pas non plus sur les sympathiques effets spéciaux et les scènes de combats ou de batailles qui sont éminement divertissants, et constituent à vrai dire les seuls véritables attraits du film.

Quoi qu'il en soit, je suis partagé quant à la conclusion à donner à cette chronique, qui pourrait être soit : "90 minutes pour ça ?" ou "Seulement 90 minutes pour décrire tant d'actions ?", mais le fait demeure : son rythme trop soutenu fait perdre toute véritable qualité cinématograp^hique au résultat.



Je ne m'étendrai pas sur la Chambre des Morts. Pour nous convaincre d'aller le voir alors que nous sortions de la Biennal d'Art Contemporain, Quentin nous avait dit : "mais si, il parrait que c'est un thriller français... oui, je sais que ça parait bizarre, mais il semblerait que ça soit bien". Et bien non. De mémoire de Brice, je n'ai pas souvenir d'avoir jamais vu film aussi miteux. Evidemment, si la seule ambition du réalisateur était de créer une ambiance glauque, c'est réussi. Entre atmosphère gotho-sataniste, échangiste et lesbianique, château poussièreux dans lequelle l'infâmesse s'amuse à écorcher des sortes de petits capucins pour les clouer en croix aux portes, entre enfants enlevées par la dite cinglée pour être figés sur le modèle d'une poupée et le vieux gardien de zoo miteux fêlé, masochiste (la palme du portnawak revient à son collier à clous porté sous son infâme manteau !) et lupaphile (dans les deux sens que l'on pourrait donner à ce terme !) le pari est tenu.

Mais étrangement, pour une raison à ce jour non élucidée, l'homme qui s'est autoproclamé réalisateur pour nous servir cette bouse filmique ne peut s'empêcher d'intercaller à rythme régulier des scènes totalement délirantesques, niaises et ahurissantes sensées alternativement faire rire le spectateur et imposer un quota minimum de plan-cul/ plan-nichon. Allez comprendre...

Entre un scénario totalement surréaliste (a t'on idée d'enlever des gosses, de demander rançon pour les empailler afin qu'ils ressemblent à une poupée ?) et décadent au sens littéraire mais non noble du terme, un quota ébahissant de scènes stupides, et une ambiance glauco-morbide rien ne parvient à sauver l'ensemble. Et je prie pour que personne n'ose jamais en tirer un remake.



Il y a encore un peu plus longtemps que je suis allé voir l'Ennemi Intime, aussi serais-je bien en mal d'en tirer une critique très fournie en dépit de l'excellent souvenir qu'il m'a laissé. Néanmoins, je compte souligner les points qui m'ont marqué. Avant toute chose, il faut souligner la qualité de ses comédiens, qui nous livrent une prestation remarquable de qualité, en particulier Benoit Magimel dans son rôle de jeune lieutenant idéaliste connaissant sa descente aux enfers et Albert Dupontel, en sergent baroudeur et défaitiste. Ensuite, je souhaite saluer une réalisation impeccable : nul temps mort, des scènes de combat particulièrement "belles" (si tant est qu'une boucherie puisse être belle) et impressionnantes, le tout filmé dans des tons grisâtres du plus bel effet, qui appuie l'impression de saleté ordinaire de la guerre et convient à merveille aux décors montagneux et arides de Kabylie.

J'ai également apprécié, en ces temps de déformations historiques anti-française, de misérabilisme auto-flagellant et d'hypocrisie quant aux responsabilités de chacun, l'objectivité et l'absence de manichéisme du scénario. En effet, contrairement à ce que je craignais (et qui se pratique allègrement), la France n'est pas présenté comme la grande fauteuse de troubles, la vilaine et lâche colonisatrice barbare et assassine. Le scénario montre sans parti pris toute l'horreur ordinaire de la guerre, l'escalade de violence et de brutalité de part et d'autre, sans fausse pudeur, qu'il s'agisse des scènes de tortures de prisonniers algériens ou du charnier résultant du massacre gratuit de paysans par le FLN. Il en résulte des scènes très fortes, insoutenables dirais-je, qui ont le mérite de faire réfléchir le spectateur sur les responsabilités de chacun.

De nombreuses références à Platoon, une vrai respect de l'Histoire (avec un grand H), une omniprésence crue du crime et de l'horreur, une dualité interne chez les personnages qui parvient à mettre mal à l'aise le spectateur... et en fin de compte il film noir, percutant et ... indispensable !
Vraiment, je tire mon chapeau au réalisateur
Florent Emilio Siri pour être parvenu à réaliser pareille oeuvre de salut public !



Enfin, je vais clore sur Ratatouille, sur lequel je n'ai pas grand chose à dire : drôle, tendre, plein de références amusantes, il est à mon sens un divertissement idéal pour petits et grands ! Ruez-vous sur le DVD dès sa sortie !


Nota : je vous prie de m'excuser pour le style déplorable de ce dernier article, mais je suis très fatigué et mes idées ne sont pas très claires...
Par TaSi
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 19 décembre 2007

Navrant. Affligeant. Tels sont les deux qualificatifs qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à "Je suis une Légende", que je viens d'aller voir en compagnie de Quentin.

Non pas que ce blockbuster revendiqué soit desservi par de mauvais comédiens (sur un total de trois -un peu plus si on prend en compte les quasi-figurants des scènes de panique à New York-, ça n'est guère étonnant) , car Will Smith est à peu près crédible dans son rôle de scientifique-survivant rendu paranoïaque par la solitude, réduit à dialoguer avec son chien. Crédibilité accentuée par l'ambiance lourde inhérente à la faible quantité de dialogues...

Non pas, non plus, qu'il soit esthétiquement raté : les travellings des avenues New-Yorkaises envahies par la végétation sauvage post-nuke sont fort belles et impressionnantes, les effets spéciaux de zombies fort réussis et le tout est filmé de façon tout à fait acceptable. Nombre de scènes sont, il faut le dire, belles et/ou impressionnantes (je songe à la partie de chasse en Ford Mustang et aux différents assauts de zombies) tandis que la réalisation (ratio scènes d'actions courtes et violentes / longues scènes pesantes et angoissantes, comme celle de l'entrepôt-ruche à zombies) reste impeccable.

Non, le problème vient de deux choses : des incroyables incohérences de son sénario (lequel est d'ailleurs fort prévisible du bout en bout) et du fond de propagande évangéliste qui en fonde la conclusion.

Commençons par ce dernier point, puisque c'est sur celui-ci que se clos le film. Bien qu'étant particulièrement tolérant, y compris sur les questions religieuses, j'ai un peu de mal quand elles s'immiscent dans un film pour en constituer une morale et une propagande particulièrement insidieuse. Ainsi le Seigneur, dans son infinie miséricorde, puisse être le facteur conclusif de l'aventure, qui guide les pas de ses fidèles vers la rédemption (c'est à dire vers une sorte de Middletown pur de toute profanation virale) et qui, dans une glorieuse apparition a Docteur Neville, l'amène à se suicider, entraînant dans sa mort de martyr une floppée de Zombies, pour sauver la veuve et de l'orphelin... Sans commentaire.
Rattachable à cela, tout aussi vomitif mais tellement banal que je ne m'appesantirai pas dessus, citons aussi le patriotisme omniprésent de la chose : bien sûr, son éminence le docteur Neville est américain et le Middletown susnommé où s'entassent les rares survivants se trouve dans le Vermont, mais en plus, dans ce monde dévasté où toutes les créatures vivantes ont contracté le virus zombophore, flottent encore, héroïques, les drapeaux américains, intacts. C'est à croire que les mites ne sont pas zombéifiables...

Passons aux incohérences, assez stupéfiantes dans un film ayant bénéficié d'un budget aussi conséquent (à moins qu'elles ne soient la conséquence du budget...). Imaginez ainsi un New-York post-nuke où ne demeure encore qu'un seul survivant... la logique voudrait qu'il ne bénéficie plus d'électricité, plus d'eau courante, plus rien. Mais non ! l'incroyable docteur Neville continue, même dans l'adversité, à vivre l'American dream de son American way of life : entre parties de chasse au daim et ballades en 4x4 dans la ville, il prend le temps de laver doucereusement son chien dans la baignoire (on ne dénoncera jamais assez le risque des puces-zombies) et de regarder Shrek sur son home cinéma. Et oui ! Vous serez également heureux d'apprendre que cet être d'élite concentre dans sa maison, en sus des installation précitées un arsenal de fusils d'assaut, des pistolets dans tous les tiroirs et un laboratoire souterrain... 

J'ai en revanche été soulagé de découvrir que les zombies, même déshumanisés, étaient assez intelligents pour élire un général-bélier (reconnaissable à sa musculature), capable de concevoir de merveilleux pièges à attraper l'humain... Fabuleux ! On est aussi en droit de s'interroger sur les modalités de la venue de la femme-sidekick en 4x4 au milieu d'une ville condamnée, alors qu'elle prétend s'être enfuie à bord d'un navire de la croix rouge...

Enfin ! Au point où j'en suis, je ne me vois pas continuer à dézinguer la bête à tout va, comme le fait si bien le docteur Neville avec ses amis zombies. Je suis néanmoins déçu d'un tel gâchis de potentiel, livré aux désirs démagogique d'un public avide de Dieu et de bêtise. Arrivé à la fin de cette critique, je pense que le mot de la fin, celui qui la conclura le mieux tout en définissant le mieux la chose est : regrettable. Amen.

Par TaSi
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 17 décembre 2007

Afin de rattraper le retard que j'ai si divinement dénoncé dans le billet précédent, et afin d'éloigner le spectre de la procrastination, je me mets en devoir de vous servir, chers lecteurs virtuels (car en dépit de ma naïveté, je sais pertinemment que je ne m'adresse à personne, personne n'étant assez fou pour se perdre céans), quelques critiques à propos des derniers films que je suis allé voir.

Nous allons commencer par le dernier en date,  Elizabeth, que je suis allé voir il y a de cela cinq jours en compagnie de Charlotte, Quentin et Kevin. Bien sûr, comme à l'accoutumée on attendrait de ma part une critique saignante, sanglante, d'autant plus qu'il s'agit d'un film historique (genre que je prend beaucoup de plaisir à disséquer tatilloneusement !), d'autant plus que ceux qui me connaissent doivent savoir que je ne porte ni Elizabeth I, ni l'Angleterre dans mon coeur.

Et bien non. Je ferai les choses avec subtilité, d'autant plus que je dois moi-même admettre que je suis très partagé à son sujet. A contrario de ce que j'aime faire, je vais même commencer par m'acharner sur ce que je lui reproche, avant de lui concéder d'indéniables qualités.

De fait, la première chose dont il faut prendre conscience en allant voir Elizabeth est sa mauvaise foi historique tout à fait remarquable, qui en fait un véritable film de propagande à la mode Rules Brittania qui ferait presque passer l'Alexandre Nevski d'Eisenstein pour un symbole de l'amitié germano-russe. On est en droit de rire, quand notre bon Philippe II (dont le prognathisme est étrangement reporté sur son ambassadeur à Londres ?), est recroquevillé devant une chandelle dont la flamme finit par s'éteindre, pendant que l'Invincible Armada se fait couler. On est aussi en droit de rire quand on le voit suivi, où qu'il aille, par une omniprésente légion d'Archevêques et Cardinaux (et l'obligation de résidence messeigneurs ?) portant rosaires, croix, ostensoirs où qu'ils aillent. Et je ne peux moi-même m'empêcher d'avoir un sourire en coin quand j'entend la merveilleuse réplique prétendant que la "flotte espagnole arrive avec l'inquisition dans ses cales" !

Face à ces Espagnols prognathes et fanatiques tout de noir habillés, face à leurs jésuites comploteurs et leurs lâches agents, l'anglais, et surtout l'anglaise parait, resplendissant, beau et héroïque quand il est sir Walter Raleigh, travailleur, humble et digne serviteur quand il est grand Chambellan, et courageux, noble et populaire quand il est reine frigide... Et quelle reine ! Une reine qui vit son amour par procuration, une reine qui porte l'armure, une reine qui mène ses troupes à la victoire... Oui, mais une reine qui n'en reste pas moins tout ce que je lui reproche : une vieille et répugnante catin qui de Drake à Raleigh n'a su où trouver de la jouissance, une anglaise frigide, froide et trop fière qui fait décapiter à la hache la noble Marie Stuart, dont le courage et la noblesse -si pas la beauté- ont, il faut reconnaître cette grâce, été transmis par le réalisateur.

Question réalisation, je ne me souviens pas d'avoir jamais vu un film filmé de façon aussi académique. Certes, le réalisateur fut sans doute un très bon élève dans son école de cinéma, mais il ne fait preuve d'aucune imagination, même pour tenter de dissimuler ses problèmes de ressources humaines (je songe notamment à la scène où Elizabeth convoque son armée, laquelle apparaît progressivement sur la ligne de crête, ne laissant paraître qu'une centaine d'homme... et m'évoquant de façon irrépressible la fameuse scène finale de Holy Grail !). Par ailleurs, en dépit du nombre apparemment effarant de scènes coupées (déduction issue du grand nombre d'ellipses et de raccords scénaristiques indigestes), le film parvient à conserver son lot de scènes longues et inutiles sans être poétiques (celle de la chevauchée dans la prairie) voire proprement hallucinatoires : celle du bourrin filmé par dessous qui nage après avoir sauté du galion est un must !

Quoi qu'il en soit, en dépit de son trop-plein de bonnes intentions (ou de mauvaises vis à vis de l'Espagne habsbourgeoise), il faut admettre des qualités indéniables à Elizabeth (qualités qui ont sans aucun doute eu des conséquences financières répercutée sur les ressources humaines...) : des costumes pour le moins magnifiques et riches ; des décors splendides et un rendu de bataille naval entre galions et galiotes que je trouve saisissant ; des acteurs somme toute honorables et plus que crédibles.
Demeurent par ailleurs nombre de scènes sympathiques, mystérieuses comme celles où apparaît le jésuite comploteur, ou très amusantes comme celles du prétendant allemand ou de la consommation crue des patates ramenées par Raleigh.

Mais suffit-ce pour m'autoriser à considérer la bête comme un "bon" film ? Je ne crois pas. Mais quoi qu'il en soit, ce film, qui respecte malgré tout la vérité historique reste un divertissement honorable, qui a le mérite de traiter un époque historique hélas trop souvent méconnue ou peu traitée... avis aux réalisateurs français...

 
Par TaSi
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 1 avril 2007

Hier soir, j'ai accompagné Lucas au Pathé Bellecour pour voir le fameux "300" dont on nous rabattait quelque peu les oreilles depuis quelques temps. Au bout d'un peu plus de deux heures, mon verdict est tombé, sans appel : mauvais.

Lecteur assidu d'Hérodote, dont les neuf livres de "l'Enquête" ont été pour moi une source de plaisir incroyable lorsque je les ai dévorés, je n'en ai été que plus affligé lorsque j'ai été soumis à la torture mentale que représente ce film, pompeux blockbuster, certes sur certains points esthétiquement réussi, qui suit le déroulement global tel que le père de l'histoire les relate dans le Livre VII dans "nos" paragraphes 196 à 238 -il faut rendre cette justice- mais qui est victime d'un certain nombre de tares irrécupérables.

Je développerai donc ma critique suivant trois axes : considérations morales et esthétiques, Héllènes et Perses face au réalisateur, et enfin, aberrations historiques.

Tout d'abord, le film semble guidé par ce que j'oserai qualifier d'instincts manichéens totalement américains : l'opposition entre les Grecs, courageux défenseurs de la "liberté" et les vils Perses corrompus, perfides et assimilés à l'"obscurité", aux "ténèbres" est une allégorie peu subtile de ce "choc des civilisations" entre occident et orient qui tient tant à coeur outre-atlantique.

En soit, ce travers est pardonnable, tant il est une constante dans nombre de films anglosaxons -il apparaît d'ailleurs dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Jackson. En revanche, l'obsession blockbusterienne du "monstre" y est insupportable, et ce qui eût été tolérable dans de l'Heroïc Fantasy ne l'est pas dans un film prétendant reprendre un événement historique, car du rhinocéros à l'homme-bouc en passant par l'espèce de troll qui accompagne les immortels et l'homme-crabe officiant comme bourreau, le spectateur a plus l'impression d'être face à un jeu vidéo dont chaque niveau se clot avec un "boss de fin" que devant un film construit.

Qui plus est, je ne peux m'empêcher de reprocher des défauts constants transparaissant tout au long de "300" : une quantité incommensurable de temps morts, de ralentissements inutiles qui essoufflent le rythme, surtout quand ils s'accompagnent de discours peu convaincants ; le rôle quelque peu putassier des femmes, qui sont soit oracle "allumé", soit reine -moche- prompte à un "adultère par amour", soit trois lesbiennes lubriques de la cour de Xerxes. Leur image n'est d'ailleurs pas vraiment rehaussée par un bon quota de scènes pseudo-érotiques -je songe notamment à l'étreinte "passionnée" entre Léonidas et sa grognasse dont le rendu, en particulier sonore (les gémissements) est fort peu satisfaisant- et de plans poitrinaires caractérisés par une omniprésence de tétons dressés...


De fait, le premier reproche que je faisais au film induit celui à venir, à savoir un téléologisme insupportable. N'en déplaise au réalisateur, la "Grèce", en tant qu'entité politique ça n'existe pas. Subséquemment, je vois mal des Spartiates -c'est à dire les habitants d'une CITE et non pas d'un constituant d'une FEDERATION- partir en guerre en dédiant leur combat à "la Grèce et la liberté". Il y a des Grecs, des Hellènes, vivant dans une zone plus ou moins définie ne se limitant pas, loin s'en faut, à ce que nous nommerions le Sud de la péninsule balkanique, et au-delà de laquelle vivent des barbares. Mais cela n'implique pas l'existence d'un sentiment national qui ne voit le jour que près de 2000 ans plus tard, alors que la Grèce (dans son acception géographique) est occupée par les Ottomans ; Hérodote lui-même pourtant panhellénien est loin de la conception nationale moderne qui est celle du film.

Evoquer le traitement téléologique des grecs m'emmène enfin à aborder le thème -vaste !- du traitement des Perses, qui est tout bonnement innommable.

[Mais que je traiterai ultérieurement, du fait de ma fatigue croissante. je précise néanmoins les "points" afin de permettre une justification.]

 

- Xerxès NOIR ?!? sans barbe ?!? efféminé ?!?
- Piercing ?!? (ne se pratiquait guère qu'aux oreilles, et encore : cf bas reliefs des cités perses)
-

 

-détournement ridicule de ce que sont les Ephores ; et Delphes ?
- et les autres Grecs ? 500 Tégéens, 500 Mantinéens (cad 1000 arcadiens), 400 Corinthiens, 200 de Phlionte, 700 Béotiens, 1000 Phocidiens ? bien que 6000 soit partis (de l’initiative des spartiates dixit Herodote) au bout du 3ème jour. Phocidiens sont en fait restés jusqu’au bout.
- Immortels (Athanatoi, terme inventé par Hérodote de l'avilissement du persan : anusiya cad Compagnon) sont farfelus : Katanas et allures de Samourai. Etaient en fait habillés de robes ornées, armés de lances, épées et boucliers
- Quid des cuirasses, des méduses des boucliers ? Usage saugrenu de la lance -influence néfaste des combats de rue modernes.

Par TaSi
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 28 mars 2007
Muh !

Il y a une ou deux semaines de cela, en écoutant Bide & Musique (la webradio de l'improbable, pour les pauvres hères qui ne connaitraient pas), j'eu une révélation. Modestement appelée "Muh !" -Boe !- dans sa version originale, ce morceau délieusement horripilant signé Matterhorn Project (compositeur : Jean-Clone de Plastic) est une variation rythmé sur meuglement de vaches agrémenté de quelques clarines, solos de cuillières en bois sur table, son de pluie et d'orage, yodels, corne des Alpes, et autres sons non-identifiés.

D'après l'analyse d'un courageux bidonaute, il en résulte que les paroles sont les suivantes -il me semble que quelques points sont sujets à cautions, mais à voir en temps voulu :

Meuuuuh

Meuaaaaaaah

Meuuuuh
Meuaaaaaaah
Meuuuuh
Meuuuuh
Meuuuuh
Meuuuuh
Meuuuuah

Meuuuuh
Meuuuuh
Meuuuuh
Meuuuuaaaaah
Meuuuuh

Meuuuuh
Meuuuueh
Meuuuuh
Meuuuuaaaaah
Meuuuuh

Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah

[solo de cuillère sur boîte]

Bêêêêêêh

Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah

[re-solo]

Meuuuh
Meuaaah

Meuuuh
Meuaaah
Meuaaaaaah

[corne]

Youhouuuuuuuuuuuuu !

Meuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh !

Hoin ! Hoin !
Hoin ! Hoin ! Hoin ! Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Hoin !
Meuuuh

[marche dans les bois]
Yolalalahouhouuuuuhuuuuuu

Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah
Meuuuh
Meuaaah
Meuuueh
Meuaaah

MEUUEH !

Il va sans dire que je n'ai pu m'empêcher de me procurer cette magnifique chose dont je me suis épris, de cet hymne au portnawak et, à l'heure qu'il est, je ne peux plus, à mon grand dam, m'empêcher de l'écouter...
Par TaSi
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Publicité

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus