Bon, je sais que c’est une très mauvaise habitude que je suis en train de prendre, à savoir de répondre à des articles parus ailleurs, en particulier sur l’indigne Anakinweb, par une news sur mon
propre blog. Mais que voulez-vous ? J’ai tendance à monter rapidement sur mes grands destriers pour enfoncer le madrier entre les yeux de l’adversaire… et comme je crains d’être censuré (à
tord où à raison) par des modérateurs en quête de travail, je me sens obligé de poster mes réponses ici et de faire suivre le lien par mail à l’offenseur… suis-je sot…
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui c’était un sujet d’une grande facilité qui m’a lancé sur le chemin de la croisade patriotique… En effet, il revenait à demander au lecteur ce qu’il pensait (sans
la moindre innocence !) du « beaujolais nouveau ». Mais bien qu’étant réservé vis-à-vis de cette mixture, je n’en suis pas moins beaujolais de sang, et ce sang n’a fait qu’un tour…
Aussi me suis-je fendu d’une tirade violente ici reproduite…
Lien vers l’offenseur…qui ose parler de « beaujolet »… et puis pourquoi pas de Bôjaullhey pendant qu’on y est ?
Introduction
Primo mon enfant, quand on ne sait pas écrire un mot, on s'abstient. Pour ton information, celà s'écrit : BEAUJOLAIS, du nom de BEAUJEU, vill(ag)e tirant lui même son nom des sires de BEAUJEU qui
dominaient la région comprise entre le comté de Macon au nord, et le comté de Lyon au sud.
Segundo, quand on ne maîtrise pas un sujet, quand on ne sait pas de quoi on parle, on ferme sa gueule, pour parler vulgairement. Jusqu'à nouvel ordre, je ne vois ici qu'une poignée d'individus,
dont aucun n'a de véritables connaissances oenologiques, dont aucun, selon toute évidence n'a même la moindre compétence ou idée du travail viti-vinicole.
(Navré pour vous, vous m'avez lancé, vous allez vous en prendre plein le faciès...)
Vif du sujet
Tout d'abord, je souhaite vous reprendre sur l'argument "commercial". Il me semble que tous les vignobles en France bénéficient tous d'une couverture commerciale et communicante digne de ce nom,
et sûrement pas le Beaujolais plus que les autres. Si vous m'alignez face à celà le fait que sa réputation est surfaite, je ne le nierai point entièrement, mais vous répondrai que c'est loin
d'être le seul vignoble pour lequel c'est le cas, et sûrement pas celui pour lequel la différence entre le niveau de communication et le niveau de qualité réelle est le plus atterrant. A ce
sujet, je vous renvoie sur la qualité moyenne tout bonnement pathétique des champagnes, ou même de Bourgognes génériques, et je ne parle pas des "Saint Emilion" que mon voisin de post encense
avec une naïveté si touchante.
Car, mon cher ami, des vins de qualité, il y en a partout. En Beaujolais comme ailleurs, et pas forcément moins qu'ailleurs, d'autant plus que vous (et nombre d'autres individus sans connaissance
viticoles) tendent à confondre pratique des primeurs et Beaujolais dans sa globalité, qui, je le rappelle à l'intention des personnes un peu déconnectées de la réalité (ou désireuses de faire les
malignes sans y arriver) se compose de dix crus, du beaujolais, et du Beaujolais village. Et s'il faut reprocher quelque chose au beaujolais, cela devrait être lié à ses méthodes de vinification
traditionnelle (dite : beaujolaise) qui empêche toute innovation... sans que cela puisse changer, très chers amis, car elles sont fixées ad vitam éternam par l'INAO... Notez cependant que la
notion assez surréaliste d'"industrielle" me fait doucement sourire à l'heure où une baisse drastique des rendements a été imposé depuis quelques temps, et dans un vignoble où la taille moyenne
des exploitations est de cinq hectares...
D'ailleurs, dans le domaine du vin, je ne sais pas ce qu'est un "sponsor", navré de vous l'annoncer. Qui plus est, on n'a jamais tenté -à part à l'époque de ce cher Papa Bréchard, ce qui remonte
à plus d'une vingtaine d'années- de faire passer le Beaujolais dit "nouveau" pour un "vin super". Soit ces personnes sont sottes et ne comprennent pas la direction volontaire d'une publicité,
soit leur mauvaise foi est étonnante de vigueur. Il est en effet présenté comme un vin convivial, simple, etc... que celà soit ou ne soit pas le cas, je m'en désintéresse, soit dit en passant.
Le délicieux argument écrit supra : "a un bon vin est un vin qui à un peu d'age, qui s'est affiné avec le temps, le beaujolet, et bien je le trouve bien trop vert, trop acide en fait!!"
est aussi générique que stupide. Au cas où son auteur l'ignorerait, cela dépend de moult critères : cépage, caractéristiques... Et le fait que, je cite "la qualité se dégrade d'année en année"
est plus que discutable, a fortiori quand on constate l'age faible de son auteur : 21 ans. je doute que sur sa durée de vie, il ait pu avoir un panorama large lui permettant d'établir une échelle
de valeur.
Enfin, bien que cela ne touche généralement pas les esprits médiocres, j'aimerai rappeler qu'à l'heure actuelle, et ce depuis près de quinze ans, le beaujolais est dans une crise économique très
grave, non pas due à une illusoire et phantasmatique "qualité qui se casse la gueule", mais à la guerre des prix que se livrent certains négociants en vin. A cette heure, le pays sur lequel vous
cassez si complaisamment du sucre sur le dos est un pays où les viticulteurs vendent leur vin à perte, se suicidant parfois lorsqu'ils se retrouvent ruinés, coincés face à la catastrophe annoncée
(ce que je sais mieux que quiconque de vous, mes pauvres amis. Tel a été le cas de mon cousin.). Mais pourquoi cassez vous du sucre si facilement sur son dos ? Pourquoi ressassez-vous si
facilement des avis qui ne sont pas les vôtres en propre, mais ceux d'une presse du vulgaire en mal de sensation qui trouve si plaisant de faire du papier en ressortant chaque année les mêmes
propos (d'ailleurs souvent techniquement faux...) contre un vignoble qui n'a plus la force de se défendre ?
Tout simplement parce que vous n'avez ni les compétences, ni l'intelligence de vous faire une opinion propre. Parce que vous n'êtes pas des esprits libres, curieux, et dotés d'esprit critique. Et
pour celà, mes pauvres, je vous plains.
Bref, navré d'avoir été aussi offensif, mais parmi les choses que je ne supporte pas, il y a la critique facile provenant de cuistres sans compétence aucune. Aussi sujet à critique que puisse
être la pratique de la primeurisation du Beaujolais (et je SUIS critique), ce genre de sujet minable me parait bien facile, et indigne des capacités d'un cerveau humain. Et n'oubliez pas,
médiocres, que la critique, ça n'est jamais la facilité.