
Face à la multitude d'articles fleurissant sur des blogs de tous bords se
félicitant avec une naïveté touchante de l'apparition d'un "nouvel état au sein de l'Europe", je me sens en devoir de réagir, quitte à probablement me trouver dès lors en porte à faux avec nombre
de mes collègues et amis.
En effet, alors que tous s'entr'congratulent, j'ai l'impression d'être l'une des dernières personnes ayant gardé la tête froide et à voir avec une triste objectivité la réalité de cette
indépendance qui, en mon sens et au sens de l'histoire, ne saurait être qualifiée par un autre épithète que : monstrueuse.
En effet, d'un point de vue historique, le Kosovo n'est rien de moins que le coeur de la Serbie : nous nous trouvons en effet dès l'antiquité face à un large ensemble peuplé d'Illyriens, qui, à
l'époque de la poussée barbare (terme préférable à celui d'invasion), se peuple majoritairement et de façon homogène de slaves. C'est donc tout naturellement que le Kosovo est partie intégrante,
au XIème siècle, du jeune royaume chrétien de Serbie et devient un siècle plus tard, le coeur du royaume serbe de Lazar , qui tomba face à l'envahisseur Ottoman (1389). Celui-ci, qui s'établit
pour plus de quatre siècles dans la région, s'appuye essentiellement sur le soutien des populations albanaises minoritaires, promptes à s'islamiser et à collaborer. Au contraire, les populations
serbes majoritaires, ne voulant pas abjurer leur foi catholique sont brimées (par les fameux bachi-bouzouks... albanais !), au point que commence un exode massif vers la Serbie stricto-sensu,
seulement vassale et non occupée, tandis que les populations albanaises s'empressent de s'emparer des terres ainsi laissées. Lorsque la partie européenne de l'Empire Ottoman s'effondre, la Serbie
obtient le contrôle du Kosovo où les Serbes sont majoritaires en 1913. Lorsque vient la seconde guerre mondiale, quand les Serbes subissent de plein fouet la violence de l'occupation dans la
petite région yougoslave du Kosovo et s'engagent dans une résistance, qu'elle soit royaliste ou communiste, les Albanais de la région collaborent, et s'engagent à de fortes proportions chez les
tchetniks voire dans la division SS Skanderberg... Pourtant, à la sortie de la guerre, les purges restent mineures, et s'installe une sorte de vrai-faux statu-quo.
Cependant, cet état de chose change rapidement ! Alors qu'en 1945 les Serbes représentent encore 50% de la population Kosovare, leur part tombe à 40% en 1960. Pourquoi ? Parce que non seulement
Tito, par plaisir de nuire à Enver Hoxa encourage l'immigration albanaise, mais parce que le taux de fécondité des albanais est, au cours du vingtième siècle, de trois à huit fois supérieur à
celui des populations serbes, cet écart s'accélérant d'ailleurs à la fin du siècle ! Aussi le Kosovo s'engage t'il dans une spirale démographique infernale où s'établit la loi de la natalité, qui
a pour corollaire un nouvel exode des Serbes en voie de minoritarisation, confrontés à une violence des Albanais (que nos chers médias nationaux ont tendance à oublier, dans leur éternelle
présentation du pauvre peuple albanais victime de l'infâmie serbe !) à leur égard qui se manifeste dès 1961, date des premiers incendies d'églises et de la première attaque contre la cathédrale
de Prizen. Les pogroms anti-serbes (pose de bombe, profanation, voies de fait sur les évèques...) se multiplient, ce qui fait germer dans le cerveau criminel de Milosevic le projet d'une
épuration ethnique, dont les conséquences furent on ne peut plus contre productives : intervention de l'OTAN et l'ONU, retour à un pseudo statut-quo.
Aujourd'hui, du fait de sa natalité débridée qui n'a rien à envier à celle du Burkina Faso, les Albanais représentent 95% de la population Kosovar, tandis que 60% de celle-ci à moins de 25 ans.
Alors que nous nous trouvons dans un cas dramatique de youth bulge, il est des cerveau névrosés de pseudo-diplomates incapables de vision à long terme pour s'en féliciter. Monstrueux.
Mais poursuivons ! Au delà du caractère tout bonnement dictatorial de la proclamation unilatérale d'indépendance, nous observons que celle-ci entre en contradiction avec deux décisions de
l'ONU : tout d'abord les accords d'Helsinki de 1975 qui reconnaissent l'inamovibilité des frontières européennes, mais aussi la résolution 1244 qui réaffirmait la souveraineté Serbe sur le
Kosovo. Par ailleurs, nous pouvons émettre de sérieux doutes quant à la capacité de formation d'un état fondé sur une ethnie dont le "noyau militant dur" est actuellement formé par l'UCK qui est,
rappelons le, une organisation considérée comme terroriste n'ayant jamais respecté les accords de cesser le feu, et maintenu, sous les yeux (fermés, comme à l'accoutumée !) de l'ONU une véritable
guérilla contre les forces de l'ordre Serbe, au premier lieu desquels sa police.
Enfin, il convient de souligner que NON, le Kosovo n'est pas viable économiquement, qu'il est entièrement dépendant de l'électricité Serbe, que tous ses aménagements ont été construits à l'époque
de la Yougoslavie par un impot spécial levé dans toute la fédération, que sa vie politique est pourrie par la corruption et que son chomage atteint aujourd'hui entre 40 et 50%...
Me pardonnerez-vous donc un petit bilan ? Une minorité devenue majoritée par une immigration massive, un pousse-à-l'exode et un raz-de-marée démographique qui n'a pas grand chose à voir avec
l'Histoire (avec un grand H) d'un territoire centre historique d'une nation proclame l'indépendance dudit territoire qui n'est pas viable économiquement et qui compte 40% de chomeurs... Ca ne
vous choque pas ? Et si la Seine- Saint- Denis, qui partage toutes ces caractéristiques avec le Kosovo proclamait unilatéralement son indépendance de la France, ça ne vous outrerait, ne vous
inquiéterait toujours pas, peut-être ?
Mais j'observe avec un peu d'espérance, que face aux états européens imbéciles et atlantistes qui regardent avec satisfaction l'implosion de leur continent quand bien même ils prétendent vouloir
construire une fédération unie, certains, comme l'Espagne, ont fait acte d'intelligence et de courage en refusant de le reconnaitre...