Certes, j'avais promis de rédiger des critiques sur tous les films que j'ai pu voir depuis le très mauvais "300" (ou CCC ?) il y a de celà plus de six mois. Mais hélas,
la précision de mes souvenirs commence à s'atténuer et je me sens bien incapable de vous livrer pour chacun un paragraphe rédigé en bonne et due forme. Aussi vais-je essayer de tout
synthétiser dans l'unique article que voici.
En guise de petit sommaire, je vous informe que je traiterai respectivement de : La Croisée des Mondes : la Boussole d'Or, La Chambre des Morts, L'Ennemi Intime et
Ratatouille.
Ha ! La Croisée des Mondes... Justement la trilogie que j'ai offerte à ma nièce pour noël, qui des dires de Delphine qui l'a lu il y a de celà quelques années est passionnante, prenante,
et agréable à lire. Et bien le moins qu'on puisse dire est que ces qualificatifs ne s'appliquent pas exactement au film qui, scénaristiquement, semble être le résultat d'un passage sous presse
hydraulique d'un scénario classique : pour maintenir en éveil le public ciblé, le rythme est trop intense, halletant, ne laisse aucune place à nulle sorte de catharsis. On voit défiler une
aventure à toute vitesse, ce qui lui fait perdre toute poésie. Aventure qui, d'après les dires de Charlotte n'est pas vraiment fidèle au livre qui plus est. Moralité : aucun véritable
élan (ni renne, d'ailleurs), aucun moment ayant le moindre véritable suspense... Qui plus est, l'enchainement de l'action parait souvent peu crédible, voir incohérente ou sans fondement (d'où
sort la cavalerie-sorcière salvatrice de la fin du film ? les angoisses des personnages lorsqu'ils les voient marcher vers le centre rappellent de par trop les soldats de Rûn du Seigneur des
Anneaux sans la cohérence de celui-ci).
Bien sûr, je ne vais pas cracher sur les acteurs, tout à fait convaincants, à commencer par la jeune Dakota Blue qui tient le premier rôle, celui de l'adolescente Lyra, et qui est, il me faut
l'admettre, bonne actrice. On saluera au passage la présence du grand Christopher Lee apparaissant en guest-star. Je ne cracherai pas non plus sur les sympathiques effets spéciaux et les scènes
de combats ou de batailles qui sont éminement divertissants, et constituent à vrai dire les seuls véritables attraits du film.
Quoi qu'il en soit, je suis partagé quant à la conclusion à donner à cette chronique, qui pourrait être soit : "90 minutes pour ça ?" ou "Seulement 90 minutes pour décrire tant d'actions ?", mais
le fait demeure : son rythme trop soutenu fait perdre toute véritable qualité cinématograp^hique au résultat.
Je ne m'étendrai pas sur la Chambre des Morts. Pour nous convaincre d'aller le voir alors que nous sortions de la Biennal d'Art Contemporain, Quentin nous avait dit : "mais si, il
parrait que c'est un thriller français... oui, je sais que ça parait bizarre, mais il semblerait que ça soit bien". Et bien non. De mémoire de Brice, je n'ai pas souvenir d'avoir jamais vu film
aussi miteux. Evidemment, si la seule ambition du réalisateur était de créer une ambiance glauque, c'est réussi. Entre atmosphère gotho-sataniste, échangiste et lesbianique, château poussièreux
dans lequelle l'infâmesse s'amuse à écorcher des sortes de petits capucins pour les clouer en croix aux portes, entre enfants enlevées par la dite cinglée pour être figés sur le modèle d'une
poupée et le vieux gardien de zoo miteux fêlé, masochiste (la palme du portnawak revient à son collier à clous porté sous son infâme manteau !) et lupaphile (dans les deux sens que l'on pourrait
donner à ce terme !) le pari est tenu.
Mais étrangement, pour une raison à ce jour non élucidée, l'homme qui s'est autoproclamé réalisateur pour nous servir cette bouse filmique ne peut s'empêcher d'intercaller à rythme régulier des
scènes totalement délirantesques, niaises et ahurissantes sensées alternativement faire rire le spectateur et imposer un quota minimum de plan-cul/ plan-nichon. Allez comprendre...
Entre un scénario totalement surréaliste (a t'on idée d'enlever des gosses, de demander rançon pour les empailler afin qu'ils ressemblent à une poupée ?) et décadent au sens littéraire mais non
noble du terme, un quota ébahissant de scènes stupides, et une ambiance glauco-morbide rien ne parvient à sauver l'ensemble. Et je prie pour que personne n'ose jamais en tirer un remake.
Il y a encore un peu plus longtemps que je suis allé voir l'Ennemi Intime, aussi serais-je bien en mal d'en tirer une critique très fournie en dépit de l'excellent souvenir qu'il m'a
laissé. Néanmoins, je compte souligner les points qui m'ont marqué. Avant toute chose, il faut souligner la qualité de ses comédiens, qui nous livrent une prestation remarquable de qualité, en
particulier Benoit Magimel dans son rôle de jeune lieutenant idéaliste connaissant sa descente aux enfers et Albert Dupontel, en sergent baroudeur et défaitiste. Ensuite, je souhaite saluer une
réalisation impeccable : nul temps mort, des scènes de combat particulièrement "belles" (si tant est qu'une boucherie puisse être belle) et impressionnantes, le tout filmé dans des tons grisâtres
du plus bel effet, qui appuie l'impression de saleté ordinaire de la guerre et convient à merveille aux décors montagneux et arides de Kabylie.
J'ai également apprécié, en ces temps de déformations historiques anti-française, de misérabilisme auto-flagellant et d'hypocrisie quant aux responsabilités de chacun, l'objectivité et l'absence
de manichéisme du scénario. En effet, contrairement à ce que je craignais (et qui se pratique allègrement), la France n'est pas présenté comme la grande fauteuse de troubles, la vilaine et lâche
colonisatrice barbare et assassine. Le scénario montre sans parti pris toute l'horreur ordinaire de la guerre, l'escalade de violence et de brutalité de part et d'autre, sans fausse pudeur, qu'il
s'agisse des scènes de tortures de prisonniers algériens ou du charnier résultant du massacre gratuit de paysans par le FLN. Il en résulte des scènes très fortes, insoutenables dirais-je, qui ont
le mérite de faire réfléchir le spectateur sur les responsabilités de chacun.
De nombreuses références à Platoon, une vrai respect de l'Histoire (avec un grand H), une omniprésence crue du crime et de l'horreur, une dualité interne chez les personnages qui parvient à
mettre mal à l'aise le spectateur... et en fin de compte il film noir, percutant et ... indispensable !
Vraiment, je tire mon chapeau au réalisateur Florent Emilio Siri pour être parvenu à réaliser pareille oeuvre de salut public !
Enfin, je vais clore sur Ratatouille, sur lequel je n'ai pas grand chose à dire : drôle, tendre, plein de références amusantes, il est à mon sens un divertissement idéal pour petits et
grands ! Ruez-vous sur le DVD dès sa sortie !
Nota : je vous prie de m'excuser pour le style déplorable de ce dernier article, mais je suis très fatigué et mes idées ne sont pas très claires...
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