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Vendredi 16 mai 2008
Je manque de tout ; d'argent, de temps, de motivation... Aussi, afin de ne pas laisser dépérir ce blog,  me décide-je à vous faire partager un meeeeeeeeeeerveilleux exposé d'Histoire Japonaise (le style est mauvais, la présentation scolaire, les fautes de frappe et de français omniprésentes, mais, vaille que vaille) ayant pour thème :

Prisonniers des Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale


« Sur le champ de bataille, nous n’avons jamais considéré que les Chinois étaient des êtres humains. Lorsque vous êtes le vainqueur, les perdants semblent vraiment misérables. Nous avons conclu que l’ethnie Yamato était supérieure ». Ce court propos du soldat de l’armée Showa Uno Sintaro semble résumer avec efficacité les huit ans de guerre que mena le Japon sur le théâtre d’opération extrême-oriental, d’abord en Chine, puis en Asie du Sud Est et dans le pacifique, la « longue trainée de sang » (pour parler comme Jean-Louis Margolin), le long chapelet d’exactions tant sur les populations civiles que sur les militaires qui accompagna la conduite des opérations de l’Armée Impériale.

En effet, en huit ans, le Japon asservit littéralement des peuples entiers auquel il imposa un travail forcé, commit des crimes de guerre innommables sur des prisonniers de guerre chinois, interna dans des conditions sordides civils et militaires alliés, ce en violation totale de tous les traités de droit international et de son propre code de l’honneur militaire, tout comme le faisait dans le même temps mais aux antipodes son alliée l’Allemagne nazie. Or tant de proximité dans les faits ne peut qu’interpeller lorsque l’on constate les différences fondamentales dans l’Histoire immédiatement antérieure à ces actes de ces deux pays.

Ainsi nous pouvons donc nous demander comment, sous l’influence des idéaux militaristes et totalitaires, la perception de l’autre au Japon put être avilie pendant la seconde guerre mondiale au point de mener à une totale déshumanisation des vaincus, civils comme militaires ; et quel reste l’écho de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans le Japon actuel ?

I- Le vaincu et l’ « autre » dans l’imaginaire militariste Showâ

A/ des antécédents mitigés

B/ Une évolution des mentalités

C/ Conquêtes et prisonniers

II- Etre prisonnier des japonais

A/ Une exploitation de l’Homme par l’homme

B/ Un monde de violence quotidienne

C/ L'animalisation du vaincu

III- L'Heure du Bilan

A/ Crime et Châtiment

B/ Un demi-siècle de mémoire

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I-    La reddition et le vaincu dans l’imaginaire japonais

A/ Des antécédent mitigés

De façon assez étonnante, peu de choses pouvaient préfigurer, en 1937, le déchaînement de violence qui allait frapper les vaincus faits prisonniers par l’Armée Impériale Japonaise. En effet,  les conflits dans lesquels elle avait été engagée antérieurement avec succès et qui avaient mené à la capture de prisonniers de guerre s’étaient caractérisés par un traitement magnanime de ceux-ci : ainsi, les 1790 chinois pris à l’occasion de la guerre de 1894-1895 avaient été immédiatement relâchés contre la promesse de ne jamais plus reprendre les armes contre le Japon, et les 79000 prisonniers russes du conflit de 1904-1905 touchèrent une solde deux fois supérieure à celle des soldats japonais, étaient nourris à l’occidentale, au point qu’une infirmière de la Croix Rouge put écrire que « les japonais traitaient les Russes davantage en hôtes d’honneurs qu’en prisonniers ». Réciproquement, les quelques 1800 japonais faits prisonniers lors de ce même conflit purent rentrer chez eux la tête haute, sans nul blâme. Cette attitude droite est notamment inhérente au respect du Bushido, la voie du guerrier qui prône entre autres l’humanité envers l’ennemi défait ou le faible, la générosité et l’honneur.

Le Japon avait, par ailleurs, fait montre de beaucoup de bonne volonté en matière de droit international : il avait en effet agréé les conventions de La Haye de 1899 et 1904 relatives aux bons traitements des prisonniers de guerre, le traité de Versailles qui bannissait l’usage d’armement chimiques et bactériologiques, et même le pacte Briand-Kellogg de 1929 qui prétendait mettre la guerre hors la loi. En revanche, considérant que les conventions de Genève de 1864 et 1929 recoupaient son propre code de militaire de 1882, elles ne furent pas ratifiée, ce qui aura de lourdes conséquences…

Cependant, à coté de ce comportement exemplaire dans le traitement de ses prisonniers, le Japon des années précédant la guerre se trouve être une véritable pépinière de violences sociales, en particulier exercées contre les territoires placés sous son protectorat : ainsi, en 1894 la répression de la révolte paysanne Tonghak en Corée par l’Armée Impériale fait 50000 morts, tandis que la même année, la première prise de Port Arthur donna lieu à un massacre de centaines de prisonniers chinois civils ou non. De fait, les conflits coloniaux du Japon à la fin du XIXè et au début du XXè siècle sont marqués par une extrême dureté à l’égard des populations autochtones : 0,5% de la population Coréenne et 1% de la population Taiwanaise sont ainsi portés disparus suite à leur annexion… Un des symboles de cette dureté est l’apparition voit également apparaître en 1881 la Kempetai, sorte de gendarmerie militaire aux pouvoirs étendus dans le domaine politique au contre-espionnage et à la censure –sorte de mélange entre la Feldgendarmerie et l’Abwher. Quoi qu’il en soit, les cas de crimes et d’abus de la part de l’Armée Impériale restent sporadiques et confinés à des cas de répression d’agitations sociales ou civiles et leur ampleur ne dépasse guère ce qui pouvait se passer à la même époque en Irlande par exemple ; et de 1914 à 1918, les prisonniers de guerre allemands restent traités avec de grands égards.


B/ Une évolution des mentalités

Cependant, les années 1930 voient une véritable évolution des mentalités, inhérente entre autres à l’essor d’une véritable pensée totalitaire et ultraréactionnaire –si pas fasciste-, qui se traduit dans un premier temps par une acceptation totalement phantasmée du Bushido, laquelle s’impose progressivement au fur et à mesure que les soldats d’extraction samouraï se trouvent remplacés par de jeunes « faucons » issus de milieux paysans. De fait, si ces derniers se prétendent et sont présentés comme les héritiers des samouraïs –ils en portent le sabre dès 1935-, ils ne tardent pas à n’en conserver que les attributs moraux guerriers, et, faisant fi de son idéal d’auto-modération, poussèrent les conceptions d’honneur et de loyauté à un extrême confinant à l’absurde. La loyauté ne devait plus se manifester à l’égard de l’Etat, mais d’un Empereur mythifié et de ses supérieurs hiérarchiques qui pouvaient tous se réclamer dépositaire de son autorité à son échelle, et donc réclamer de ses subordonnés une obéissance sans faille, qu’il se devait de faire appliquer. L’honneur quant à lui prenait une définition plus proche de la « fierté » que le maintien moral vis-à-vis de l’adversaire et a fortiori des civils : la défaite devenait donc une humiliation, un déshonneur à laquelle le soldat japonais ne pouvait survivre. Par conséquent, tomber vivant entre les mains de l’ennemi, c'est-à-dire être fait prisonnier devenait à la fois une marque de déshonneur, et un manquement à la loyauté exigée vis-à-vis de l’Empereur puisque le soldat n’avait pas lutté jusqu’au bout pour celui-ci.

Sous-jacent depuis toujours dans un Japon conscient de son particularisme, un nationalisme au racisme exacerbé, surtout à l’égard des autres asiatiques, en particulier des chinois va par ailleurs crescendo dès le début des années 1930, en prenant pour fondement la doctrine du Kokutai no Hongi (les principes de la nation) qui affirme la supériorité raciale Japonaise. De fait, les occidentaux sont considérés comme des décadents à la société individualiste, matérialistes, dont l’expansion ne peut donner lieu qu’à une sorte de « choc des civilisations » (pour reprendre le mot de Samuel Huntington), entre –je cite- « l’esprit et la matière, les jaunes et les blancs ». Mais de fait de « jaunes », la propagande Showa présente également les asiatiques comme des décadents, des faibles qui ne peuvent de protéger seuls. Aussi, suivant la doctrine du Hakko Ichiu (« le monde entier sous le même toit »), les Yamato, l’ethnie japonaise dont la supériorité ne fait aucun doute –puisqu’elle est la seule nation dirigée par une divinité, le Tennô, descendant de la déesse du soleil Amaterasu- se doit de prendre en charge leur devenir en leur apportant protection, mais en échange de leur contribution à son effort de guerre et à son expansion. S’y opposer apparaît donc un crime contre la logique des choses imposée par une transcendance divine ; et l’opposition des chinois à cette expansion ne peut paraître qu’une preuve supplémentaire de leur « mauvaise foi » -argument qui n’est pas sans rappeler celui des Romains à l’égard des Carthaginois. Ainsi s’installe donc une logique expansionniste cautionnée par un racisme lui-même soutenu par la religion Shintô.

Mais ce mépris de l’autre, qu’il soit civil, prisonnier de guerre, asiatique ou occidental ne peut avoir seul donné lieu au déchainement de violence qui va le toucher. Aussi faut-il chercher les origines de cette violence dans les rapports sociaux du Japon Showa et au sein même de l’Armée et de la Marine, en particulier dans l’émergence en son sein d’une nouvelle génération d’officiers d’extraction paysanne. En effet, la condition paysanne du Japon de la première moitié du XXè siècle demeure particulièrement précaire, aussi n’est il pas étonnant que le soldat désire, par une logique féodale, repousser ces conditions de vie harassante sur les peuples nouvellement conquis, permettant à son milieu d’origine de sortir du lumpenprolétariat par la création d’une caste servile encore inférieure. En outre, la nécessité de s’imposer vis-à-vis de ses subordonnés conduit à l’instauration d’un climat de violence au sein des forces armées, inhérent à la très forte hiérarchisation : le simple soldat est véritablement chosifié, battu, puni jusqu’à ce que son obéissance et son respect envers son supérieur soit total. Par conséquent, lorsqu’au cours des conquêtes, il parvient à trouver des individus d’un statut social inférieur ou à sa merci (comme des prisonniers), il opère un phénomène de reproduction sociale…


C/ Conquêtes et prisonniers

Si les conquêtes japonaises en Chine, furent limitées après la chute de Nankin du fait de la longueur considérable de la ligne de front qui interdisait toute offensive majeure en raison de la dispersion des unités, le dernier mois de 1941 et les cinq premiers de 1942 vit l’armée Showa envahir des territoires considérables dans le sud est asiatique, et par conséquent faire des dizaines de milliers de prisonniers, autochtones comme occidentaux, civils comme militaires qu’elle eut à prendre en charge avec l’aide de la Kempetai et des gouvernements collaborateurs mis en place.
Il est nécessaire à ce stade d’opérer une typologie grossière –car une généralisation définitive est impossible- des types de prisonniers tombés entre les mains japonaises :
- Les prisonniers de guerre chinois, dont un grand nombre fut capturé en 1937, puis une quantité grossièrement constante tout au long du conflit du fait de l’absence d’offensive de grande ampleur sur ce front
- Les travailleurs forcés asiatiques, civils prélevés de force dans la population pour travailler à l’effort de guerre japonais, comme nous allons le voir ultérieurement
- Les prisonniers de guerre alliés d’origine malaise, birmane, philippine, indienne auxquels fut fréquemment donné le choix de collaborer et de s’engager dans des unités nationales combattant contre les alliés, ou de servir comme auxiliaires des gouvernements collaborateurs mis en place. Cependant, nombre d’exactions et d’exécutions sommaires furent opérés dès la reddition, généralement proportionnelles à la résistance opposées avant la reddition, en particulier dans le cas des Philippines.
- Les prisonniers de guerre occidentaux, qui –sauf exception, comme les pilotes de bombardiers capturés- furent déportés dans des conditions exécrables vers des camps de travail, « seulement » 8% étant exécuté sur place
- Les occidentaux civils qui, présents dans des territoires coloniaux, eurent à subir un internement dans des conditions similaires à celles des militaires.
De fait, tant les conditions de détentions furent similaires pour toutes ces catégories, nous pourrions encore simplifier notre typologie en :
-  Ceux qui furent exécutés sitôt (ou presque) après leur capture (équipages de bombardiers abattus)
- Ceux qui furent maintenus en détention dans des camps et véritablement condamnés à une mort lente…

Il convient par conséquent d’étudier maintenant le quotidien et les traitements déshumanisants qu’eurent à subir les prisonniers de l’armée Showâ pendant la seconde guerre mondiale.
   


II-    Être prisonnier des japonais

A/ Une exploitation de l’Homme par l’homme

Suivant la doctrine du Hakko Ichiu, fut créée en 1940 par le ministre des affaires étrangères Hachiro Arita la Sphère de coprospérité de l’Asie Orientale, abstraction qui unissait autour du Japon les gouvernements collaborateurs fantoches des pays occupés, dans un but officiel de créer une zone d’autosuffisance dans laquelle le Japon aiderait progressivement ses alliés à s’industrialiser et à accéder à l’indépendance. Apparemment séduisante pour des nations espérant accéder à l’indépendance,  cette idée cacha dans les faits une véritable entreprise d’exploitation à grande échelle : en effet, son moteur principal, le Kôa-in, fut dans les faits plus un organisme de gestion de travail forcé que l’ « agence de développement de l’Asie orientale » qu’il prétendait être : cette administration organisa dans les territoires occupés un système néo-esclavagiste où les populations civiles furent assignées, contre des moyens de survie de misère, à des industries stratégiques : ainsi, en Chine et en Mandchourie, entre cinq et dix millions de « romusha » furent contraints de travailler dans des industries et des mines aux capitaux japonais, entre quatre et dix millions d’indonésiens.

Ce travail forcé s’accompagna de déportations fonctionnalistes de population, dans un cadre intermédiaire entre celui du STO et celui des Kommandos de camps de concentration (du fait des conditions de vie déplorables) afin de les mener là où de la main d’œuvre était requise, qu’il s’agisse du Japon stricto sensu comme les 810000 Coréens qui furent déportés au Japon afin de remplir les tâches industrielles que ne pouvaient accomplir les 9,5 millions d’hommes sous les drapeaux, ou de transferts entre des pays occupés : ainsi 270000 travailleurs Javanais furent envoyés vers la Birmanie, dont seulement 52000 revirent leur foyer. Cela nous montre le taux de mortalité incroyablement élevé chez les prisonniers de travail des japonais : plus de 100000 périrent lors de la réalisation de la ligne de chemin de fer Bangkok- Rangoon, dans la jungle thaïlandaise.

Prenant prétexte de la non-ratification de la Convention de Genève et de la non-considération de « l’incident Chinois » comme une guerre à part entière, et en violation totale des conventions de La Haye, l’Armée impériale exigea également un travail de force à intérêt stratégique à ses prisonniers de guerre, sans contrepartie alimentaire, l’imposant également aux officiers et sous-officiers, sous la forme de la construction de la voie de chemin de fer Bangkok-Rangoon, à laquelle fut assignée plus de la moitié des 120000 prisonniers de guerre occidentaux, chantier sur lequel 27% des effectifs trouva la mort –avec de fortes disparités entre les nationalités : 60% des britanniques contre 29% des australiens ; et entre les sections : 15% sur le coté birman, 73% sur la section F.

De fait, l’une des institutions les plus ignobles d’exploitation humaine par l’occupant japonais fut la création –suivant l’exemple du viol de masse de Nankin en 1937- de « maisons de réconfort » pour les soldats, en violation de la convention de 1925 relative au trafic d’êtres humains. Ces bordels militaires possédés par des propriétaires coréens, destinées à épancher les pulsions sexuelles des soldats du Tenno étaient achalandés par des circuits qui ne sont pas sans évoquer ceux des travailleurs forcés : leur « main d’œuvre » de ianfu se composait de femmes (parfois mineures) raflées dans les populations vaincues par la Kempetai, de membres du corps des volontaires féminines trompées sur leur réelle destination, voire d’infirmières japonaises. De fait, nous pouvons parler à leur sujet de véritables « prisonnières », puisqu’elles étaient enfermées de force dans leurs maisons closes jusqu’à échéance de leur contrat, et ne pouvons qu’être frappés par l’étendue du phénomène, qui concerna en effet, selon les estimations, entre 300000 et 500000 jeunes femmes, majoritairement Coréennes.


B/ Un monde de violence quotidienne

Du point de vue du quotidien, les ressemblances entre les univers concentrationnaires nazis et celui créé dans les camps de travail japonais sont très importantes, en particulier dans la violence des rapports entre les individus. De fait, la captivité commençait généralement pour les prisonniers de guerre par des marches forcées d’une rare mortalité comme celle de Bataan qui concerna 85000 prisonniers américains et philippins après la bataille éponyme, à qui on fit faire à pied un trajet de 97 kilomètres sans arrêts, sans nourriture ni eau, et sous la violence permanente des gardes -tout prisonnier se plaignant était exécuté- avant d’être transportés dans des wagons à bestiaux bondés : entre 11000 et 23500 soldats périrent au cours de cet épisode tragique. Les transferts par voie maritime ne furent pas moins mortels : sur les 50000 prisonniers de guerre acheminés ainsi, 10800 trouvèrent la mort.

Contrairement à ce que voulut bien faire croire la propagande impériale –qui diffusa des photographies de prisonniers bien nourris, fêtant l’anniversaire de l’Empereur-, les conditions de vie dans les 380 camps de prisonniers de guerre forcés furent exécrables. Sous nourris –leur nourriture consistait en du riz décortiqué-, n’ayant un accès qu’à des soins basiques (les infirmeries des camps étaient servies par les médecins militaires prisonniers mais ne disposaient pas de véritables fournitures médicales) incapables d’enrayer les maladies (malaria, beriberi) inhérentes à la promiscuité et à une mauvaise hygiène, les prisonniers enduraient un calvaire quotidien agrémenté par des brimades gratuites : tout prisonnier ayant oublié de saluer un garde, ou ayant mal réalisé ses trois saluts traditionnels pouvait être exécuté séance tenante. De plus, tout prisonnier ayant tenté de s’évader était condamné à mort, en vertu d’un « contrat » signé dès sa capture. La volonté d’humiliation était omniprésente à l’égard des prisonniers de guerre et prisonniers civils que cela parte d’une volonté individuelle ou institutionelle : on fit ainsi venir 2000 prisonniers occidentaux en Corée en 1943 afin de les humilier publiquement pour montrer aux coréens la « puissance de l’Empereur ».

N’ayant pas ratifié la convention de Genève, le Japon n’acceptait par conséquent pas les limitations imposés au traitement des prisonniers de guerre, et par conséquent, la torture fut tout au long de la guerre fréquemment utilisée, généralement afin d’obtenir rapidement des informations tactiques, les soldats y étant soumis étant généralement exécutés par la suite. Encore une fois, les similitudes avec l’Europe occupée est flagrante : la torture est essentiellement pratiquée sur  des prisonniers de guerre chinois (considérés comme des non-hommes par les ultranationalistes japonais, comme pouvaient l’être les Russes pour les nazis), pour lutter contre des mouvements de guérilla et de lutte informelle dans les territoires occupés, ou à proximité du front.


C/ Une animalisation du vaincu

Poussé à son paroxysme, le mépris dont firent preuve les militaires japonais vis-à-vis de leurs prisonniers civils ou militaires aboutit à une véritable animalisation du vaincu, et dont un des avatars les plus infâme est son utilisation comme cobaye dans la recherche sur des armements biologiques et bactériologique (prohibés, rappelons le, par le traité de Versailles) par différentes unités dispersées sur tout le front asiatique Mandchourie : nous citerons ainsi l’unité 1644 de Nankin, l’unité 1855 de Beijing, l’unité 516 de Qiqihar, l’unité 8604 de Guangzhou, l’unité 9420 de Singapour, et surtout, la tristement célèbre unité 731 de Harbin, en Mandchourie. Formées avec l’assentiment de l’Empereur Hirohito, ces unités opéraient des expérimentations diverses sur des prisonniers de guerre (surnommés : Maruta, ou buche de bois…) essentiellement chinois fournis par la Kempetaï, qui allaient de l’injection de bactéries (suivie d’une vivisection au stade final de la maladie), aux études sur la résistance au froid et à la pression atmosphérique (par le biais de cloches à pression), en passant par l’essai de gaz de combat à l’intérieur de chambres à gaz, expérimentations qui ne sont pas sans rappeler celles des médecins de camps de concentration nazis. Par ailleurs, des expérimentations à « grandeur nature » furent faites en empoisonnant puits et cours d’eau, mais cela nous éloigne de notre sujet. Quoi qu’il en soit le fait qu’une épidémie de peste se soit propagée après la destruction des installations en 1945 est révélateur de la nature des expérimentations y étant opérées.

Comme nous venons de le voir, ces unités expérimentales utilisaient essentiellement comme cobayes humains des prisonniers de guerre chinois. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, l’embrigadement moral du soldat japonais était tel que le chinois n’était pas réellement considéré comme un homme, et était par conséquent exécuté dès qu’il était fait prisonnier, ou envoyé dans des camps de travail. Mais ces prisonniers furent, tout au long de la guerre, déshumanisés et réduits à une fonction utilitariste et bestiale, et servirent en effet de « mannequins » d’exercice des japonais pour le combat à la baïonnette : on compte en effet de très nombreuses occurrences de massacre de prisonniers sur lesquels un rond de craie avait été dessiné à l’emplacement du cœur, afin que les soldats s’entraînent à la planter avec efficacité. Nous comptons également de nombreux cas où le massacre n’était organisé qu’à des fins distractives, comme ce concours de décapitation « artistique » entre deux lieutenants qui décolletèrent chacun plus d’une centaine de prisonniers attachés, à genoux…

La réduction au niveau de l’animal des vaincus alla encore plus loin : en effet, nombre de rapport et de témoignages dignes de foi témoignent de nombreux cas de cannibalisme à l’encontre de prisonniers de guerre ou civils, ce sur toute l’étendue du théâtre d’opérations, de la jungle birmane aux îles du pacifique. Les raisons de celui-ci ne sont pas uniformes : certes, dans de nombreux cas il est dû à des initiatives individuelles de soldats luttant la famine régnant au sein des unités japonaise inhérente à l’extension excessive des lignes de communication et aux attaques sur celles-ci.
Cependant, il est avéré qu’il ne saurait être limité à des cas de nécessité, mais qu’il fut souvent au contraire encadré par la hiérarchie, recouvrant alors une valeur symbolique de revanche contre l’adversaire : ainsi, le lieutenant général Yoshio Tachibana organisa en 1944 l’exécution de plusieurs aviateurs américains qu’il consomma en compagnie de son Etat-Major, tandis que des prisonniers de guerre indiens témoignent qu’en Nouvelle-Guinée, les prisonniers australiens étaient ainsi progressivement sélectionnés pour être mangés, leur viande étant parfois prélevée « sur les bras, les jambes, les hanches et les fesses » alors qu’ils étaient encore en vie pour être frites, le corps étant par la suite laissé mourant dans des charniers

Le nombre et l’importance des crimes  inhumains commis par l’armée impériale convainquirent les alliés et associés à tenir, à la libération, une série de procès destinés à châtier les criminels japonais.


III-    L’Heure du bilan

A/ Crime et Châtiment

D’une façon un peu comparable à ce qui se passa pour l’Allemagne, les alliés décrétèrent après la capitulation Japonaise la nécessité de châtier les contrevenants aux conventions internationales s’étant rendus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Et tout comme pour l’Allemagne, la justice fut rendue par un tribunal international siégeant à Tokyo pour les personnalités principales, et par 49 tribunaux secondaires nationaux pour les personnalités secondaires, officiers subalternes ou gardes. En fin de compte, sur les millions de Japonais impliqués dans les crimes à l’encontre des vaincus, seuls 5472 furent jugés, 1047 acquittés (proportion atteignant étrangement 40% en Chine !), 920 condamnés à mort, 334 condamnation à la prison à vie, et 3099 peines de prisons à limites temporelles.

Cependant, les procès de fin de guerre furent marqués par une indulgence plus grande, induite en grande partie par le spectre du communisme qui faisait primer les considérations politiques (à commencer par une humiliation modérée du Japon) sur les considérations morales. Aussi, contrairement à ce qui put se passer à Nuremberg, aucune organisation ne fut condamnée ou même inculpée, les membres de la famille impériale impliqués dans des crimes à l’encontre de prisonniers ou dans l’exploitation des territoires par une main d’œuvre servile furent totalement exonérés de poursuites à la demande même de MacArthur. Le Lieutenant Général Shiro Ishii, commandant de l’unité 731 et criminel contre l’humanité fut exfiltré par les américains en échange des informations qu’il avait pu tirer de ses études sur cobayes humains. Quant à certains dignitaires « complices », comme Kishi Nobusuke, ministre du Commerce et de l’industrie, ils purent même reprendre une carrière politique au sortir de la guerre…

Parallèlement, très peu de collaborateurs connurent un véritable châtiment : en 1948, une loi d’amnistie les blanchissait tous de toute poursuite aux Philippines, quand bien même seulement 91 personnes avaient été inculpées…


B/ Un demi-siècle de mémoire

Soixante ans après la fin des Procès de Tokyo, on ne peut que constater que, si les crimes de guerre commis par l’Armée Showâ au cours de la seconde guerre mondiale ne sont pas ignorés, leur impact dans le monde occidental reste limité, ce qui n’est guère étonnant si l’on prend en compte la volonté de Churchill (et de Roosevelt) de toujours considérer le front européen comme prioritaire sur le front pacifique, et le fait que la partie de la population occidentale ayant été confrontée à la guerre soit extrêmement faible quand son propre territoire était occupé et pillé.
On ne saurait également sous-estimer l’importance qu’a pu avoir le Pont de la Rivière Kwai de Pierre Boulle (écrit en 1952) et son adaptation cinématographique de David Lean en 1957 sur l’appréhension qu’a pu avoir le reste du monde sur ces questions. Si cette œuvre possède une qualité artistique indubitable (dualité entre Saito et Nicholson qui n’est pas sans évoquer la Grande Illusion de Renoir), elle n’en reste pas moins édulcorée dans la peinture qu’elle fait du traitement des prisonniers et des relations prisonniers-gardiens. Aussi ne faut il pas s’étonner de la sous-estimation –amnésie selon JL Margolin- de l’ampleur des crimes japonais en occident, que l’on tend à limiter à l’internement des prisonniers de guerre, sans prendre la pleine conscience de leur proximité en matière d’actes et d’échelle avec les crimes nazis.

La reconnaissance de ses crimes par le Japon reste quant à elle assez ambiguë : bien qu’il ait fait à plusieurs reprises montre d’un repentir sincère (1993 par Kato Koishi au sujet des femmes de réconfort, 1995 Murayama Tomiishi fait des excuses complètes, etc…), et que la population ait pris conscience (officiellement via des expositions, la création de centres de recherches universitaires et le film « Furyo » de 1989) des crimes commis, le monde politique connaît quant à lui un durcissement de ses positions, avec des tentatives (assez maladroites) de justifier les crimes passés de l’Armée Showâ, la reprise des visites des premiers ministres à partir de 1985 à Yasukuni (qui avait été privatisé pour éviter que des cérémonies officielles ne s’y déroulent), et surtout l’affaire du manuel scolaire « révisionniste » qui  élude totalement les crimes passés (même si seulement 0,004% des écoles l’avaient adopté) , ou encore plus récemment la déclaration d’Abe Shinzo niant l’existence des femmes de réconfort…

Quoi qu’il en soit (contrairement à une idée bien implantée en occident) plus grand monde au Japon ne conteste les crimes de guerre commis contre les prisonniers civils et militaires, excepté une petite franche ultranationaliste complètement marginalisée qui, sans pleinement les nier, ne cherche qu’à justifier les abus… Et dans les faits, la présence forte d’enseignants « de gauche » dans les universités nippones, comme Yoshimi Yoshiaki aide à l’acceptation de ce devoir de mémoire quand les partis de droite, en particulier le PDL s’appuient sur un rejet partiel des fautes.

En revanche il y a une véritable hypermnésie du souvenir des crimes Japonais dans les anciens territoires occupés, en particulier en Chine et en Corée où l’opinion publique considère que le Japon ne s’est pas assez humilié pour que ses excuses paraissent sincères, et à chaque anniversaire d’un épisode douloureux le serpent de mer de la rupture des relations diplomatiques du fait de provocations parfois bénignes réapparait. De fait se dessine d’un point de vue historiographique une véritable lutte des chiffres entre Japonais et ressortissants des territoires occupés : les seconds, en particulier l’historienne sino-américaine Iris Chang ayant, depuis 1945 pris l’habitude de gonfler à chaque crise diplomatique le nombre de victimes chinoises, tandis que du coté coréen ressurgit de temps à autres des mythes de crimes de guerres, comme la stérilisation forcée des ianfu défendu, sans pour autant présentation de preuves à l’appui, par Chin-Sung Chung. De fait, le chiffrage même du nombre de victimes dans les territoires chinois est aléatoire, du fait de la sous-administration du régime du Guomindang et de l’absence de recensement fiables antérieurs à la guerre, mais nous pouvons estimer à 5 millions le nombre de chinois exécutés, 2 millions du fait du travail forcé sur un total « officiel » de 35 millions.


Bibliographie

Ouvrages généraux :

DUUS Peter, MYER Ramon H., PEATTIE Mark R., The Japanese Wartime Empire 1931-1945, Princetown University Press, 1996

REISCHAUER Edwin O., Histoire du Japon et des Japonais, Seuil, 1997

Ouvrages spécialisés :

ROULLIERE Claire, La Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale au Japon, L’Harmattan, 2004

CHAGOLL Lydia, Une Enfance dans les Camps Japonais, Editions Luc Pire, 2006

MARGOLIN Jean-Louis, L’Armée de l’Empereur – Violences et Crimes du Japon en Guerre 1937-1945, Armand Colin, 2007

Sources culturelles d’intérêt sur le sujet :

Le Pont de la Rivière Kwaï (Roman de Pierre Boule, 1952 ; film de David Lean, 1957)

Furyo – Merry Christmas Mister Lawrence (film de Nagisa Oshima, 1983)

par TaSi publié dans : Clio - Muse de l'Histoire
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Dimanche 9 mars 2008
Ayant été honteusement et lâchement tagé par Charlotte Hoffmann alias "la-demoiselle-qui- se- trompait- de- sens- pour- aller- au- QG- de- l'UMP- hinhin- du- PS", je me vois contraint de racconter six choses stupides ayant trait ma vie et de désigner six pauvres hères blogueurs de mes amis pour leur faire subir le même supplice... aussi... !


1. J'ai tendance à me comporter en grand seigneur ce que le niveau de mon compte bancaire ne devrait pas me permettre, et ne peux m'empêcher d'inviter au restaurant, cinéma, théâtre, etc... les gens que j'apprécie beaucoup...

2. Je considère que l'histoire de la musique commence en 1813 et finit en 1883... Ce qui ne m'empèche pas d'avois acquis l'intégrale de Jean-Pax Méfret (par pur esprit de contradiction !)

3. J'ai en fermage une quinzaine de ruches dont je dois récolter le miel depuis l'accident de mon pôpa, quand bien même je ne consomme pas de miel ! En revanche, je sais très bien faire la fondue et la soupe à l'oignon !

4. Paradoxal jusqu'au bout, j'ai un oeil myope, et l'autre hypermétrope...

5. J'aime laisser croire que je suis bien plus à droite que je ne le suis réellement (xénophobie et antisémitisme sont des options  en prime) parce que je trouve très drôle d'outrer les bonnes consciences et de passer pour le fasciste que je ne serai jamais (essayez, il n'existe rien de plus jouissif !). D'ailleurs je suis convaincu d'être la réincarnation de Gengis Khân, Cicéron, Pinochet et Bismarck réunis quand j'ai bu. De toutes façons, j'ai toujours préféré les méchants dans les histoires et même dans l'Histoire ! Quentin Thévenon prétend qu'il faudrait concevoir un trivial pursuit spécial Reich rien que pour moi ; ce à quoi je dois ajouter que je n'ai jamais de chance dans les jeux de société...

6. Je suis obsédé (sainement ! à ne pas relier avec le truc précédent) par la notion d'indo-européanité et les relations politiques, militaires et économiques entre les grands empires d'asie centrale (Achéménide puis Séleucide) et  les populations iraniennes nomades et scythiques (Dahéens puis Parthes, Saces) entre le Vème et le IIème siècle avant JC.... [gros blanc]... ce qui explique que je joue encore et toujours à Rome Total War, et en particulier à son mod Europa Barbarorum sur mon portable dont tout le monde se moque !


Rha, difficile, de dire tant de chose un minimum faussement interressantes !

Mais pour prendre ma revanche, je vais à mon tour TAGer :
- Anne Reynaud, ma consoeur d'hypokhâgne (héhé) au  blog éminement culturel !
- Herr Schmaltz,  qui se fera un plaisir d'en parler sur sa tribune humaniste !
- Quentin Thévenon, qui trouvera bien autre chose à nous racconter... après tout, tout part de lui

.... pour les autres on verra ultérieurement, le pool des individus possédant un blog que je connais ayant été passablement appauvri par Quentin et Charlotte.

Nota : Erick Roux de Bézieux a TAGé ce cher Robert Marmoz, je suis curieux de voir le résultat !
par TaSi publié dans : Uranie : Muse de l'astronomie : Mon univers !
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Mardi 4 mars 2008
Cet article n'interressera probablement pas grand monde, mais je crois qu'il m'est nécéssaire, dans un but catharsistique. Par hasard, je suis tombé tout à fait par hasard sur le compte-rendu publié sur le site du Bureau d'Enquète et d'Analyse du Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables (ex-ministère des transports) de l'accident d'avion survenu le 11 juillet 2004 en l'aérodrome de Toulon le Castelet qui est responsable de l'état actuel de papa.

_______________________________________

ACCIDENT survenu à l'avion immatriculé F-PBRL

 

Evénement :

sortie latérale de piste lors d'une interruption de l'atterrissage, décollage et collision avec des arbres.

Causes identifiées :

décision tardive d'interrompre l'atterrissage,

décision de décollage par conditions dégradées,

obstination à atteindre l'objectif.

 

Conséquences et dommages :

pilote grièvement blessé, passager légèrement blessé, aéronef détruit.

Aéronef :

avion Pottier P 230 S « Panda » (construction amateur).

Date et heure :

dimanche 11 juillet 2004 à 12 h 05.

Exploitant :

privé.

Lieu :

AD Le Castellet (83), piste 31 revêtue, 1 750 m x 30 m, LDA : 1 635 m.

Nature du vol :

voyage.

Personnes à bord :

pilote + 1.

Titres et expérience :

pilote, 50 ans, PPL de 1991, UL de 1999, 413 heures de vol dont 319 sur type et 8 h 50 dans les trois mois précédents.

Conditions météorologiques :

estimées sur le site de l'accident : vent 310° / 15 à 22 kt, rafales à 35 kt, température 21 °C, fortes turbulences, CAVOK, QNH 1011 hPa.

 


Circonstances

 

Le pilote, propriétaire et constructeur de l'aéronef, et son passager effectuent un voyage de l'aérodrome de Mâcon Charnay (71) vers l'aérodrome du Castellet. A l'arrivée, lors du premier contact radio, l'agent AFIS informe le pilote des conditions météorologiques et lui communique un vent de secteur 320°, variant de vingt à trente nœuds.

Des témoins au sol expliquent qu'à une hauteur d'environ deux cents pieds en courte finale pour la piste 31, l'aile droite de l'avion se soulève. Le P 230 dévie vers la gauche puis revient sur l'axe de la piste. Le train principal touche le sol, l'aile droite se soulève à nouveau. Le régime du moteur augmente. L'avion sort de la piste par la gauche, décolle et va heurter des pins situés à environ quatre-vingt-dix mètres de l'axe de piste.

L'examen des traces sur la piste montre que l'aile gauche de l'avion a touché le sol à deux reprises. La première trace, longue de trois mètres, se trouve à cent vingt-six mètres du seuil de piste décalé. La deuxième, d'une longueur équivalente, se situe huit mètres après la première trace et à un mètre du bord gauche de la piste.

Les marques laissées par l'hélice à une hauteur de trois mètres cinquante sur le premier pin percuté montrent que le moteur délivrait de la puissance et que l'avion avait quitté le sol.

Le pilote se rendait pour la première fois à l'aérodrome du Castellet où un membre de sa famille l'attendait.

Il avait pris connaissance des conditions météorologiques avant son départ. Un fort mistral était établi dans la vallée du Rhône, sur les Bouches-du-Rhône et l'ouest du Var.

Il possédait la carte d'approche à vue de l'aérodrome. Les consignes particulières informent les pilotes de la présence possible de tourbillons en approche finale par fort vent de nord-ouest.

vue aerienne traces sur la piste

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Cependant, à la lecture de ce compte rendu, j'observe un certain nombre d'incohérence, oserai-je dire. A commencer par les "causes identifiées" de l'accident, qui me paraissent assez surréalistes. Ayant été informé par les deux personnes présentes à l'intérieur de l'appareil -à savoir papa et maman- il me semble être en droit de les rectifier :
- décision tardive d'interrompre l'atterrissage : tout bonnement stupide : la rafale tourbillonante de vent qui a déséquilibré l'avion s'est produite à l'instant même où le train principal touchait le sol (et venant d'une direction autre que le vent dominant annoncée par l'agent ATIS); auparavant
- décision de décollage par conditions dégradées : les conditions n'étaient pas hautement dégradées : preuve en est que l'état météorologique était : CAVOK, c'est à dire : Ceiling And Visibility OKay ! Jusqu'à l'intant crucial, certes un vent moyen se maintenait, mais rien n'est plus normal dans le sud... Et lorsque la rafale a emporté l'avion, papa a justement tenter de remettre les gaz pour se dégager et éviter l'accident, ce qui est précisé dans le compte rendu.
- obstination à atteindre l'objectif : de pis en pis... Je crois qu'on ne peut appliquer cette catégorie préfaite à quelqu'un de rigoureux comme Papa qui, à moult occasions, n'a jamais hésité à repousser et à tenter plusieurs atterrissages pour parvenir à les effectuer dans des conditions de sécurité (je songe notamment à Friedrishafen où ce n'est qu'au bout de la quatrième tentative que nous pûmes, ou encore à Chambley en 2002, où pour éviter un ciel couvert nous nous posâmes longuement à Nancy...).

Bref... Je me sens un peu offensé par des obscénités bureaucratiques qui simplifient la situation à l'extrème au point de rendre le pilote -papa- seul responsable de l'accident, quand celui-ci n'est dû qu'à un hasard abominable, qui a fait que l'avion a tenté de se poser une minute trop tôt ou trop tard, avant ou après une rafale imprévisible... Mais qu'y puis-je ? Cette journée a été une sorte de tournant dans ma vie, la fin de mon "enfance prolongée... Un peu aussi la fin du père que j'avais toujours connu...

... Et celà fait déjà bientôt quatre ans...


Je crois que je parlerai de F-PBRL dans un article ultérieur...

 

par TaSi publié dans : Uranie : Muse de l'astronomie : Mon univers !
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Mardi 4 mars 2008
Lundi  3 mars 2008. 22h35.
Rue  du Garet. Premier arrondissement. Lyon.


Deux membres du MoDem, une militante et un militant d'une vingtaine d'années, très bons amis sortent d'un repas pris ensemble et décident de remonter jusqu'au Quartier Orange. Arrivés à une cinquantaine de mètres du lieu sus-cité, ils voient arriver en sens inverse, semblant porter une cafetière, un individu qu'ils croient reconnaître à sa taille, son bouc, ses lunettes. Ils le saluent.

Sans préavis, l'individu sus-cité décide de passer à l'attaque et de s'en prendre à eux verbalement. Il leur lance (sic :) :
"Tiens, vous ici ? Pourtant, le quartier général de l'UMP, c'est dans l'autre direction ! Euh, pardon, du PS ! Hinhinhin !"
Stupéfiés par la violence de cet assaut,les deux paisibles promeneurs décident de poursuivre leur route, ne parvenant guère à comprendre la raison de cette violence intempestive : en effet, il leur semblait qu'ils militaient dans le même parti que la personne qu'ils avaient cru reconnaître, la damoiselle étant même suppléante sur une liste indépendante du MoDem pour les cantonnales.



Ce petit fait divers m'ammène à m'interroger quant aux possibilités de travailler paisiblement, en harmonie, avec certaines personnes qui appartiennent au même mouvement que nous. A vrai dire, cela m'a d'autant plus choqué que non seulement la damoiselle est suppléante pour les cantonales, qu'aucun de nous deux n'a jamais été le chantre d'une alliance, d'un ralliement ou de quoi que ce soit (contrairement aux commentaires à la limite de l'outrageant que certains ont pu m'adresser par le passé), et qu'en dépit de rares flinguages, le moins qu'on puisse dire est que je ne me suis pas déchaîné haineusement pendant les primaires des municipales, et ai eu la pudeur de ne pas dézinguer qui que ce soit à partir du moment où Eric Lafond a été investi...

rose-orange-600x400.jpg

Quoi qu'il en soit, et je ne m'en cache pas, cet épisode m'a définitivement convaincu de ne pas abandonner mon vote à la liste "MoDem" pour les municipales (encore que sur certains arrondissements, comme le 9ème, je me demande ce que la liste a de MoDem...). Car je crois sincèrement que, comme a pu le dire le docteur Moralès, le véritable projet centriste de Lyon est porté par Gérard Collomb... (qui, comme un certain R.B. est un démocrate qui s'ignore qui ferait mieux de nous rejoindre !).
par TaSi publié dans : Polymnie - Muse de la Rhétorique (Politique)
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Samedi 1 mars 2008
Lu hier au détour de mes odyssées webbeuses sur le site de "l'Union - L'Ardennais"  :


Surprise hier matin pour les riverains du cours Langlet qui ont eu tout le loisir d'admirer un blindé stationné devant une biscuiterie. Le véhicule de l'avant blindé avait, en fait, été abandonné là dans la nuit par un bidasse en manœuvre à Sissonne.

«Quand j'ai ouvert mes volets, ce matin, le char était déjà là ». Ce jeune riverain du Cours Langlet n'en a pas cru ses yeux. « Il faut dire que cela surprend ! ». La vendeuse du magasin Fossier est arrivée elle aussi de bon matin, pour découvrir le véhicule blindé stationné juste devant sa boutique rose. « Je suis arrivée vers 8 h 30 et l'engin était déjà là. Et il est resté toute la matinée ! ». Personne n'est, en effet, venu tourner autour du véhicule militaire durant toute la matinée. L'engin, bien garé sur une place de stationnement, a juste attiré les regards des passants passablement étonnés. En tout début d'après-midi, la présence du véhicule de l'avant blindé (VAB) — qui s'occupe en général du transport de troupes — a fini par inquiéter les autorités.
758_1-copie-1.jpg
Une patrouille de gendarmerie a été dépêchée sur place, rapidement rejointe par une jeep dans laquelle se trouvaient quatre militaires appartenant à la Légion étrangère. Peu loquaces, les militaires ont pénétré dans le véhicule et l'ont inspecté sous toutes les coutures. L'engin était encore équipé de ses « outils » comme une massue, des pieux… et ne semblait pas dégradé par un accident. Le moteur du VAB a été remis en route et deux soldats ont finalement emmené l'engin vers 13 h 45.
L'enquête ouverte dès après la découverte du véhicule blindé a permis de découvrir que l'engin avait été volé au cours de la nuit précédente à un régiment en manœuvre à Sissonne (Aisne). Le bidasse qui avait décidé de déserter et qui était aux commandes avait, semble-t-il, un train à prendre à la gare de Reims. Il est donc venu à Reims à bord de ce véhicule « de service » pour le moins peu discret puis l'a garé cours Langlet avant d'aller prendre son train.

Le soldat, qui appartient au 1er régiment étranger du génie (la Légion étrangère), est considéré comme déserteur. Son régiment a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Sissonne. En tout cas le déserteur avait effectué un beau créneau pour garer son blindé. Histoire sans doute de ne pas attirer l'attention sur son « véhicule » déjà peu discret, avant d'avoir… pris le large.



Fabuleux, non ? Toujours est-il que cette nouvelle me fait inmanquablement penser à cette fameuse campagne publicitaire pour le recrutement par contrat au sein de l'armée Ukrainienne, dont la pub télévisuelle est un grand moment de nanardise scénaristique et de réalisation(volontaire, je pense...) jouant sur les hormones de tous les beaufs du rural profond ukrainien... Il faut dire que le beaufesque à la mercedès fait pière figure devant le troufion drageur au BTR...



Traduction approximative (évidemment, les noms que je donne aux personnages sont totalement aléatoires...):

Pétasses : Tu nous conduira ?
Beauf : Autour du monde !
Pétasses : Tu auras assez de carburant ?
Beauf : Réservoir plein !
Vrombissement du BTR arrivant, tel la cavalerie, dans les brumes angoissantes du matin... Tada !
Troufion : Les filles, puis-je avoir un verre d'eau ? (et pas de Vodka !)
Pétasse : Où habites-tu ?
Troufion : Ici ! Je vais au bar après mon travail.
Pétasse : Quel travail ?
Troufion : Un travail sur contrat.
Pétasse : Quel contrat ?
Pétasse : Contrat militaire !
Le troufion réembarque et repart...
Beauf : Les filles ! Et notre course ?
Pétasses : Conduit plutot ta mère !

par TaSi publié dans : Ulysse : héros perdu (!) : Odyssées webeuses
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